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Bon alors ce PSG-Atalanta Thomas ?

“C’était le temps des fleurs, on ignorait la peur”. Les supporters parisiens pouvaient, pour une fois, sereinement chantonner au printemps : leur club accueillait la plus belle des saisons en étant toujours en lice dans la quête du Saint Graal aux grandes oreilles, sa lubie.


Mais le temps s’est depuis arrêté, faisant exceptionnellement jouer les quarts de finale de Ligue des champions mi-août. Si l’interminable saison 2019-2020 s’étire jusqu’au temps des plages estivales, les matchs disputés par le PSG ressemblaient aux traditionnels matchs de préparation de juillet. Ce qu’ils étaient somme toute, mais ce qu’ils ne devaient aucunement être. Le club parisien disputait les finales de Coupe de la Ligue et de Coupe de France, toutes deux laissant présager des ajustements physiques, mais, plus préoccupant, également tactiques, d’ici le match capital de mercredi. Dans les purges qu’ont été les deux dernières rencontres, il convient de souligner, une fois n’est pas coutume, le bon état d’esprit de Neymar face à Lyon, contre qui ses compères d’attaque Icardi et Di Maria n’ont guère brillé. Car même si le prince capricieux n’a pas marqué, il s’est semble-t-il temporairement délesté des mimiques et des attitudes superflues mais surtout irritables dont il a le secret. Mais après tout, quoi de plus naturel pour un joueur de ce calibre que de dominer une rencontre française amorphe. Tentons de rester exigeants avec ce genre de joueur surdoué.

Le moment de prouver son transfert pharaonique ? [Wikipedia]

Le manque de compétitivité de la Ligue 1 est un marronnier pour tenter d’expliquer le chronique déficit de rythme du PSG de l’ère QSI. Pour couronner une préparation déjà difficile, la ligue des talents est le seul championnat majeur à ne pas avoir repris à la suite du déconfinement. Chacun a son avis sur l’épineuse question. Sans rencontres domestiques, même de faible niveau, Neymar et consorts ont dû se contenter, no offence, de matchs amicaux contre des plots. Après plusieurs mois sans compétition, la remise en forme est un nœud gordien pour les staffs. Pour savoir comment le trancher, nous fans de ballon rond n’avons jamais autant entendu parler de préparation physique. Moins emballant que le jeu il faut l’avouer. Car si les médias sportifs détaillent à outrance les stratégies entre reprises à haute ou faible intensité, la compétition n’en demeure pas moins la véritable jauge de l’état de forme d’une équipe et ce qui fait vibrer tout amateur de foot.

Les deux feux follets seront regrettés pour la première étape du final 8 [10sport]

Dans ce flot de commentaires relatifs aux circonstances uniques de la confrontation, des constantes propres au PSG reviennent sur le devant de la scène. En premier lieu, la Ligue 1 et les matchs d’avant, aussi fiables qu’un thermomètre frontal pour évaluer le niveau de préparation. Ensuite, les habituels blessés parmi le onze titulaire. Les heureux élus sont aujourd’hui Mbappé, Verratti mais également coach Tuchel (toujours plus). Sans parler des rumeurs et polémiques du moment, concernant le futur bouc émissaire Meunier, qui ne recevra pas le même accueil que Cavani s’il retourne au Parc, ou les (énièmes) bruits sur une arrivée de Ronaldo au PSG. Malgré les espoirs de monde d’après, le monde d’avant est revenu au galop pour le club parisien. Alors pour la question existentielle “y aura-t-il un avant et un après-coronavirus ?”, les imbéciles tristes et les imbéciles heureux seront déçus.       

PSG-Dortmund le 11 mars, même effusion le 23 août au soir ? [Yahoo]

Et dans tout ce manque de certitudes, quid des supporters ? S’ils ont sûrement vécu lors de Dortmund-PSG du 11 mars dernier l’une des rares belles émotions et effusions des dernières années, l’appréhension de ce Atalanta-PSG est paradoxale. Tiraillée entre d’une part, l’enjeu sportif lisboète évident et d’autre part, le manque d’entrain, sûrement comblé dès mercredi après-midi, expliqué par les circonstances.


Un article du 7 avril dernier mentionnait que malgré la frustration suscitée par le sevrage de ballon, le souvenir de ce PSG-Dortmund à huis clos resterait dans les mémoires parisiennes. En espérant que le coronacircus offre d’autres belles émotions à la tifoseria rouge et bleue.            

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