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SEM EP4 : Vic Buckingham, figure paternelle de l’Ajax de Barcelone et du génie Cruyff

Il est la figure paternelle de substitution de l’homme le plus important de l’histoire du football : Johan Cruyff. Mais aussi l’un des géniteurs de l’une des plus belles équipes de l’histoire : l’Ajax du football total. Et constitue la pierre angulaire de la relation Ajax-Barça, deux clubs qui ont révolutionné le jeu. Pourtant il n’est que trop peu fêté dans son pays et considéré en Europe. Lui, c’est Vic Buckingham. Voici son histoire…


Le Roi d’Angleterre qui gouvernait en dehors de son île

“Nul n’est prophète en son pays”, disent les Évangiles de Luc et Matthieu. Plus que jamais, ce qui est devenu proverbe se vérifie. Avec un nom et un prénom pareil, Vic Buckingham avait tout pour être le porte-drapeau des techniciens anglais.

Venu au monde en 1915 dans le quartier de Greenwich sur la rive sud de la Tamise à Londres, où bon nombre des membres de la famille Tudor sont nés, ses prédécesseurs les plus célèbres sont Henri VIII et sa fille Elizabeth 1ère, Reine d’Angleterre. Rien que ça.

Elizabeth 1ère, quoiqu’illégitime, a fait la grandeur d’un Royaume devenu par ses mains économie-monde. Vic Buckingham gardera de cet héritage géographique l’illégitimité dans son île plutôt que la reconnaissance.

Cela aurait pu être une photo d’une comédie britannique. C’est pourtant bien Vic Buckingham à l’image, dans son style toujours très “british”.

Pourtant, tout laissait à croire que Buckingham serait prophète en son pays. Milieu de terrain, il fait toute sa carrière à Tottenham (excepté une année à Northfleet United) avec plus de 200 apparitions sous le maillot des Spurs. Retenu par la Royal Air Force, c’est après la guerre que sa carrière prend son envol.

Même s’il n’a pas goûté à l’élite, il fut témoin du Tottenham qui allait remporter la Division 2 puis la Division 1, et rattraper les plus grands du Royaume. A l’aube de sa retraite de joueur, le style de celui qui sera son mentor, Arthur Rowe, fait triompher le club de la banlieue Nord de Londres. Le kick and rush domine alors et porte en lui l’idée d’allonger sur le grand numéro 9, pivot au demeurant, avec l’espoir qu’il se passe miraculeusement quelque chose.

Arthur Rowe met littéralement en place un jeu de « passe et suit » fait de passes courtes, de mouvement et de possession. L’idée : donner son ballon de façon courte et proposer de nouveau une solution dans l’espace libre pour son partenaire. C’est la naissance du « push and run ».

Arthur Rowe, entraîneur légendaire des Spurs et mentor de Vic Buckingham.

Après une odyssée jusqu’en Norvège, c’est bien en Grande-Bretagne que Buckingham débute comme entraîneur à l’Université d’Oxford, puis à Cambridge, au Pegasus AFC, où il remporte une FA Cup Amateur devant un Wembley comble et quelques 100 000 spectateurs.

Après avoir acquis une renommée dans toute l’Angleterre avec Pegasus pour un jeu rapide dans la transmission du ballon, il quitte le football universitaire et accède à un club de la Ligue, Bradford Park Avenue, alors en quatrième division. Une saison réussie plus tard, il rejoint West Bromwich Albion, en 1952.

“La base du style d’Albion – et d’ailleurs de la Hongrie – est simplement le fait de garder la possession. Cela demande de la précision, des passes raisonnablement courtes qui montent rarement au-dessus du sol. L’homme en possession tient rarement longtemps le ballon, ses coéquipiers se mettent toujours en position de recevoir le ballon”

L’Observateur

Une comparaison avec l’incroyable Hongrie de Gusztav Sebes, du jeu rapide et du mouvement, une quatrième place dès sa première saison. L’aventure était lancée. Buckingham et les siens ne semblaient pas vouloir s’arrêter là avec une FA Cup en 1954 et un titre qui leur échappe de peu au profit de Wolverhampton. La saison suivante, West Brom partageait le Community Shield avec les Wolves.

Buckingham est un des premiers, sinon le premier, à installer un tel style de jeu dans un pays où le sacro-saint kick and rush faisait foi comme Kasimir Malevitch avait introduit l’abstrait à une époque où le figuratif était loi.

Vic Buckingham, le costume et la coiffe toujours impeccables.

Buckingham s’est assuré que nous étions une équipe de pass-and-move non stop. J’étais défenseur et non seulement il m’a fait confiance mais il m’a demandé, lorsque notre gardien avait le ballon de me rendre disponible et en mouvement“.

Don Howe dans le Daily Telegraph en 2008.

C’est de cette façon remarquable qu’il inspira ses joueurs Bobby Robson et Don Howe, tous deux futurs entraîneurs. Son passage se termina avec une demi-finale perdue face à Aston Villa en 1958.

“Il a freiné le kick and rush et a fait de moi un latéral audacieux. Je le remercie de m’avoir aidé à gagner une place dans l’équipe d’Angleterre lors de la Coupe du Monde 1958 et je suis sûr que mon ancien coéquipier Bobby Robson ferait de même”.

Don Howe dans le Daily Telegraph en 2008.

Ses débuts plus que prometteurs d’entraîneur ainsi que sa carrière de joueur fidèle à un seul club du Nord de Londres laissaient penser que le Royaume avait trouvé son Roi. D’autant qu’il est encore très rare que les entraîneurs britanniques s’exportent et que West Brom fait alors partie des quatre meilleures équipes de la Premier League. Mais quand à l’été 1959, l’appel d’Amsterdam sonna…

La dernière répétition avant le Jour J…

Entraîneur en avance sur son temps, Buckingham va trouver à Amsterdam le foyer idéal pour la diffusion de ses idées. L’Ajaxschool représentait un terreau fertile pour celui qui rêvait d’un jeu de passes courtes, de possession et surtout d’un mouvement constant du ballon et des joueurs.

La disparition du tout physique et du jeu chaotique anglais en Eredivisie correspondaient en effet nettement mieux à ses méthodes. Un jeu beaucoup plus basé sur la technique et l’intelligence intrinsèque du joueur, plus au sol, et des considérations tactiques hautement plus élaborées, lui ont permis d’être champion en 1960, dès la première saison.

Et de s’adjuger en prime une Coupe des Pays-Bas. Modestement il ne s’attribua pas le mérite de ces succès mais souligna le remarquable travail d’orfèvre de Jack Reynolds depuis plus de 40 ans.

“Les joueurs de l’Ajax dont j’ai hérité avaient déjà les bases, tout ce que j’avais à faire était de leur apprendre à posséder davantage le ballon”

Vic Buckingham soulignant le travail de son prédécesseur Reynolds dans Brilliant Orange de David Winner, 1993.
C’est l’image qu’on gardera de Buckingham : toujours sur son 31, au bord d’un terrain, à prendre des notes et professer sa foi du football.

Les méthodes de Buckingham sont, elles aussi, révolutionnaires en tout point. Lors de son passage à Fulham (1965-1968), afin d’apprendre la notion d’équilibre, il se lance dans une imitation de claquettes. “Apprenez cette routine et vous perfectionnerez l’art de l’équilibre”, lancera-t-il à son défenseur Bobby Keetch. Fred Astaire et Gene Kelly auraient aimé. Jouons au foot sous la pluie.

Perplexe, Keetch lui répondra de façon explosive, ce qui lui vaudra une fin de carrière dans les divisions inférieures. Capable aussi à Barcelone (1969-1971) de débarquer dans le vestiaire, mettre un coup pied de karaté dans le tableau noir le faisant tomber au sol sur le dos ou d’y entrer pour gueuler un “Fuck Betis” venu de nulle part, Buckingham ne laisse jamais indifférent. Bielsa et Van Gaal en seraient presque jaloux.

A Fulham toujours, on raconte qu’il avait l’habitude de convoquer l’équipe de façon urgente le dimanche matin les lendemains de défaite. Lors de l’une de ces réunions, il n’aurait pas décroché un seul mot devant ses joueurs, aurait déplié son journal, lu quelques lignes et serait reparti du vestiaire avant de monter dans sa voiture. David Lynch aurait rêvé de trouver tel acteur dans ses films.

Au-delà de l’homme aussi impulsif que créatif dans ses causeries, il y avait d’abord un homme d’une élégance incomparable et des idées. “Que vous jouiez bien ou mal, vous devez tous vouloir le ballon et le chercher”. Telle était la philosophie de Mister Buckingham. Des idées révolutionnaires pour l’époque, aussi, en matière de préparation physique : à Fulham, il ajouta des entraînements l’après-midi, du travail à la salle et une formation musculation auprès de l’haltérophile olympique Bill Watson.

“La possession, c’est ça le football. Pas les longs ballons ou la précipitation. La plupart du temps , ce qui est payant ce sont les compétences éduquées”.

Vic Buckingham dans Brilliant Orange de David Winner, 1993.

Malgré ce qu’il en dira et une modestie qui lui fait honneur, aucun doute sur l’héritage de l’oeuvre de Buckingham à Amsterdam. Son successeur, Rinus Michels, fera de l’Ajax une des plus grandes équipes de l’histoire : l’Ajax de Cruyff et son football total.

Les idées, les méthodes et le jeu prôné par le technicien anglais ont posé les fondations de cette équipe. Jack Reynolds est l’architecte de la maison, Vic Buckingham a permis la dernière répétition avant les premières visites, Rinus Michels a conclu le marché et en est LA figure, Stefan Kovacs a assuré le service.

Des méthodes révolutionnaires, une personnalité pleine de relief et de grandes idées sur le jeu. Vic avait tout pour changer la face de son sport.

Le Roi d’Angleterre a un fils : il s’appelle Johan Cruyff

“Johan avait tout le temps un ballon aux pieds. Il était très maigre, pas très robuste, et ça inquiétait d’ailleurs sa mère. C’était le meilleur. Il jouait soit avec d’autres petits soit contre un mur”, raconte Madame Swart voisine des Cruyff. Le petit Jopie, comme le surnomme sa mère, était fait pour ça. Son chemin était tout tracé : un jour, il deviendrait le plus grand.

“Il avait toujours un ballon avec lui. Sous la table, sur la table , sous les pieds, à l’école… Le ballon et Johan et Johan et le ballon”

Arend van Der Wel, joueur de l’Ajax.

Dans la cour d’école, Johan impressionne déjà avec son compère Willem van Laar. “On gagnait des 13 à 0, six buts pour Johan et sept pour moi, ou l’inverse ! Il s’agissait davantage de savoir qui marquerait le plus de buts que de s’occuper de l’adversaire”, raconte Willem. Avec des talents pareils, celui qui habite près du Stade de Meer n’échappe pas à l’œil des recruteurs ajacides alors qu’il n’a 10 ans.

“Quand j’étais jeune et que je m’entraînais avec l’Ajax, chaque joueur avait son propre ballon avec son nom écrit dessus. C’était ton ballon et tu devais le bichonner. Mon ballon était mon ami”.

Johan Cruyff, à propos de son plus grand ami, le ballon.
Sur cette image, Jopie a grandi et fait déjà des ravages avec l’Ajax.

Mais chez tous les plus grands, il y a un événement formateur dans une vie. Pour le jeune Jopie, la mort de son père, Hermanus Cruyff, d’une attaque cardiaque. Celui-ci s’en va à 44 ans, alors que son fils n’en a que 12…

Ce qu’un enfant peut espérer de plus beau dans la bouche de son père, un “C’est bien, je suis fier de toi”, Johan n’en bénéficiera que trop peu. Jopie, devenu Johan avec cette épreuve, le sait : un enfant se construit à partir de modèles. La mort de son père, plutôt que le rendre dépressif, l’inspirera davantage dans son talent.

La mort du père de Cruyff en 1959 correspond à l’arrivée d’un homme âgé d’un an de plus que le regretté Hermanus : Vic Buckingham. L’Anglais a tout de la figure de substitution paternelle. Distingué, élégant comme il n’est pas permis, gentleman s’il en est, joueur emblématique de Tottenham – club préféré de Johan après l’Ajax – et reconnaissable entre mille avec son trench-coat.

Après un passage à Sheffield (1961-1964) où il mène l’équipe dans le top 6 chaque saison et jusqu’à un quart de finale légendaire de Coupe des Foires face au Barça, Buckingham revient à Amsterdam. Il retrouve alors un Cruyff, adulte en devenir, âgé de 17 ans.

Et s’il y a bien une chose qui ne ment pas ce sont les yeux d’un enfant. Cruyff n’est plus un enfant mais ses yeux ne mentent pas : il a retrouvé celui qui a si souvent été son père. Son célèbre adjoint, Bobby Haarms, sera lui aussi une figure paternelle. Au même titre que l’avait été Van der Veen, son dernier entraîneur en jeunes, et comme le sera Rinus Michels quand Cruyff prendra son envol.

“If you have the ball, keep it. The other side cannot score” : naissance de l’Ajax de Barcelone

Entre les succès à l’Ajax et son arrivée en terres catalanes en 1969, Mister Buckingham retourne en Angleterre, à Fulham, pour un passage infructueux. Impressionnés par son Ajax et le jeu produit par Sheffield dans ce fameux quart de finale de Coupe des Foires face au Barça justement, les dirigeants catalans engagent l’Anglais alors que l’équipe est mal en point.

Quand il arrive en Espagne en cours de saison, Barcelone est dans le ventre mou, le titre envolé et la zone de relégation non loin. Barcelone finira la saison 4ème et se qualifiera en Coupe d’Europe par la même occasion. L’année suivante, Vic et les siens passent près d’un doublé national historique. Le Barça perd le titre pour un point face à Valence, mais remporte la Coupe du Roi face au club ché dans une prolongation épique qui se termina au bout de la nuit sur un score de 4-3.

Vic Buckingham, ici en train de parler à des joueurs de Fulham tel un professeur de foi, a donné ses premiers succès au Barça.

Pour la petite histoire, la finale se disputa dans un Bernabeu comble et c’est Franco, apparemment bien malheureux, qui remit la Coupe aux Catalans. Le général fasciste était en effet bien connu pour son amour du Real. Le dictateur n’a d’ailleurs pas hésité à user des moyens dont il disposait pour s’assurer de l’hégémonie du club madrilène.

Le cas du recrutement d’Alfredo di Stefano, arraché au Barça à la dernière seconde, est marquant tant il a été l’élément déclencheur d’un antagonisme qui n’a cessé depuis. Cet épisode de la Coupe du Roi 1971 renforça d’autant plus la rivalité que la demi-finale entre les deux géants avait vu le Real se faire éliminer, malgré un penalty généreux en sa faveur.

“If you have the ball, keep it. The other side cannot score”. “Si vous avez le ballon, gardez-le. Vos adversaires ne peuvent pas marquer”. La phrase aurait pu être de Cruyff ou Guardiola, mais elle est de Vic Buckingham.

Bunckingham est donc à l’initiative de l’idée qui va guider le jeu de position du Barça, à savoir que si l’équipe possède le ballon 70% du temps, elle défendra tout au plus 30% du temps. Puisque lorsqu’elle est en temps de possession, l’équipe adverse de fait n’attaque pas et ne peut marquer.

Pris de douleurs persistantes au dos nécessitant une intervention chirurgicale, l’Anglais sera remplacé par… Rinus Michels. Celui qui l’avait déjà remplacé à l’Ajax poursuit la démarche entreprise par Buckingham en y installant le jeu ajacide. L’Ajax de Barcelone était né.

Première relation des deux clubs, Buckingham allait permettre l’arrivée de Cruyff comme joueur en poussant les autorités à mettre fin à l’interdiction de recrutement de joueurs étrangers. Cruyff rejoindra Michels et Barcelone en 1973. Le début d’une éternelle histoire d’amour…

Cruyff et Rinus Michels, ici à l’image, poursuivant l’oeuvre de l’Ajax de Barcelone entreprise par Vic Buckingham.

Au-delà d’une philosophie révolutionnaire en tout point, Buckingham est venu avec un certain Josep Maria Minguella dans ses bagages. Joueur du Barça B, il devient rapidement son interprète avant de devenir l’adjoint de… Rinus Michels. En 1978, il participe à la campagne de Nunez pour le poste de Président du club, avant de s’y présenter lui-même en 2003, jurant qu’il recrutera Lucio, Deco, Robinho ou encore Roy Makaay.

Devenu agent influent aux méthodes peu orthodoxes et à la langue bien pendue, il eut un fils qui place régulièrement ses poulains, intervenant notamment dans le dossier Malcom, transfuge de Gironde. De véritables personnages dans l’écosystème catalan…

“Quand le Roi d’Angleterre mourut, une partie du football disparut avec lui. Quand il ferma les yeux, il devint aveugle…”

Après des mois de rééducation, Buckingham retourne en Espagne en 1972 à Séville. Une offre qu’il ne pouvait refuser, avec pour objectif de sauver le club de la relégation. Malgré des débuts très prometteurs, la mission s’avère impossible au vu de la qualité de l’effectif et du calendrier très compliqué des Sévillans.

Après un énième rapide passage à Etnikos le Pirée, il terminera sa carrière à l’Olympiakos en janvier 1976 après que des émeutes lors d’une cinglante défaite face au PAOK mirent fin à son mandat. Avant de s’en aller superviser le football grec à l’AS Rhodes dans les années 1980.

Visionnaire, le grand Vic se distinguera aussi avec ses talents de superviseur et de formateur.

Décédé en 1995, on se souviendra de Vic Buckingham comme l’un des géniteurs de l’une des plus grandes équipes de l’histoire : l’Ajax des années 70. Ses successeurs remporteront 6 titres de champion en 8 ans, joueront 4 finales de Ligue des Champions, en gagneront 3 mais aussi une Coupe Intercontinentale, une Supercoupe d’Europe et produiront un jeu révolutionnaire.

En permettant la venue de Cruyff comme joueur, en développant l’Ajax de Barcelone et en donnant le goût de la victoire à une ville qui ne le connaissait pas, il a rendu possible la “Dream Team” menée par Cruyff comme entraîneur avec les Laudrup, Romario & cie. Mais aussi le jeu de position sous Guardiola. Sans Vic, il n’y a pas Cruyff et son garage band de l’Ajax. Sans Cruyff il n’y a pas de Guardiola. On ne peut pas dire davantage qu’il a révolutionné le jeu.

A travers tout cela, il fut la figure paternelle de substitution de l’homme le plus important de l’histoire de ce sport : Johan Cruyff. L’un des 7-8 joueurs d’exception au milieu des Pelé, Maradona et Zidane. L’un des meilleurs entraîneurs de l’histoire, à l’origine du plus grand centre de formation au monde, la Masia.

Vic Buckingham, ici à Barcelone.

Giovanni Santi n’a pas eu la reconnaissance de son fils Raphaël, de Michel-Ange, de Léonard de Vinci ou de Giulio Romano. Ses œuvres étaient considérées comme moyennes par rapport à son fils, et que dire par rapport à Michel-Ange. Pourtant, père et formateur de Raphaël, inspirateur du maniérisme et de la Haute Renaissance, il est le géniteur lointain de ces génies.

Pleuré essentiellement à Amsterdam et Barcelone – très modérément – et ignoré dans son pays, l’oeuvre de Mister Buckingham, n’est pas la plus reconnue mais elle permit directement L’Ecole d’Athènes de Raphaël, devenu Rinus Michels. Et indirectement la Pietà de Michel-Ange, devenu Cruyff.

Quand Raphaël mourut, la peinture disparut avec lui. Quand il ferma les yeux, elle devint aveugle“, disait Giorgio Vasari. Quand le Roi d’Angleterre Vic Buckingham mourut, une partie du football disparut avec lui. Quand il ferma les yeux, il devint aveugle…


Episode 1 : Ricardo la Volpe, l’histoire d’un inconnu mentor des plus grands

Episode 2 : Gusztáv Sebes, “football socialiste” et Guerre Froide

Episode 3 : Jack Reynolds, l’architecte de l’Ajaxschool

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