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Face à la crise, quelles issues pour les championnats européens ?

Alors que l’idée de mener les championnats à leur terme s’obscurcit de jour en jour, Caviar décrypte les potentielles solutions en étudiant leurs avantages et inconvénients.


Les championnats continuent cet été

Dans un monde idéal (voire utopique) où l’épidémie aurait disparu d’ici cet été, cette solution semble aujourd’hui faire consensus. Les clubs ont tous conscience de l’importance de finir la saison pour pouvoir bénéficier des droits TV, essentiels à la survie économique de la plupart d’entre-eux. Evidemment la plus juste d’un point de vue sportif, cette possibilité s’éloigne cependant de la réalité jour après jour. L’UEFA a en effet récemment mis la pression sur les ligues pour connaître le nom des qualifiés en Coupe d’Europe le 3 Août… Tant et si bien que les instances directionnelles nationales doivent penser à des solutions de repli.

Avantagés : Tous les clubs ayant des recettes grâce aux droits TV.

Saison blanche complète

Face à la crise, le président Lyonnais a préconisé une saison blanche totale. Hypocrisie ?

Dans le cas où la fin des championnats ne pourrait se tenir, plusieurs solutions semblent être plus ou moins envisageables : l’hypothèse d’une saison blanche avait fait grand bruit il y a quelques semaines lorsque Jean-Michel Aulas l’avait préconisée. Elle consiste tout simplement à annuler la saison en cours, en reprenant le classement de l’édition précédente. Cette issue est celle qui considère le moins les performances des équipes aux trois quarts des championnats, et qui paraît être par conséquent la plus injuste.

Avantagés : Les clubs présents sur le podium de l’édition précédente et les clubs en position de relégable.

Désavantagés : Les clubs qui occupent les places qualificatives européennes, sans y avoir été la saison passée.  

Les classements gelés

L’OM, actuel 2ème de Ligue 1, serait l’un des grands vainqueurs sportifs d’un gel du classement.

La solution la plus évidente est celle de geler les classements, tels qu’ils étaient après la dernière journée disputée. Cette issue a le mérite de tenir compte des performances des clubs aux trois quarts du championnat, mais a l’inconvénient de fausser la saison en fonction des calendriers et des formes des différentes équipes.

Avantagés : Les clubs occupant les places qualificatives pour les compétitions européennes, ainsi que les clubs non relégables mais toujours en lutte pour le maintien.

Désavantagés : D’un point de vue sportif, les clubs relégables et les clubs qui sont encore dans la course à l’Europe. D’un point de vue financier, tous les clubs risquent de perdre leurs droits TV, représentant perte financière gigantesque.

Saison blanche partielle

La saison blanche partielle, contrairement à la saison blanche complète, tiendrait compte des résultats du championnat pour les places européennes et les équipes relégables. Aucun titre ne serait décerné, et cette issue constitue donc un mix entre la saison blanche complète et le gel des championnats.

Vers un système de pondération ?

La possibilité de geler les championnats met en lumière une inégalité de taille au niveau des calendriers : une équipe ayant rencontré deux fois le PSG sera désavantagée par rapport à une qui ne l’a rencontré que pendant la phase aller. Pour pallier cette inégalité, deux solutions paraissent concevables : la première est de ne tenir compte que des résultats de la phase aller, où chaque équipe a rencontré une fois toutes les autres. La seconde est de créer un système de pondération en créant des tranches de valeur : les matchs contre l’actuel top 5 compteraient plus que ceux contre les occupants des cinq dernières places. Cette issue, bien qu’imparfaite, permettrait de considérer les écarts de points dus aux calendriers inégaux.

Avantagés : Les clubs ayant eu des bons résultats face aux équipes les mieux classées.  

Des play-offs comme en Top 14 ?

Le Manchester City de Guardiola, complètement lâché au classement, pourrait avoir une chance de remporter la Premier League avec un système de phases finales.

Cette solution a tout pour être une réussite, sportivement et financièrement. En se basant sur le modèle de play-off actuel en Top 14, les 6 premières équipes du championnat participeraient à ces phases finales. En quart de finales, on retrouverait le troisième contre le sixième et le quatrième contre le cinquième de la saison régulière, tandis que les deux premières équipes seraient directement reversées en demies finales. Les deux clubs participant à la finale seraient directement qualifiés pour la Ligue des Champions, tandis que le vainqueur de la petite finale se verrait disputer les barrages. Les clubs finissant quatrième et cinquième de ces phases finales se verraient être qualifiés pour l’Europa League. Les recettes des droits TV seraient alors réparties avec les autres clubs du championnat. En prenant l’exemple de la Ligue 1 en l’état actuel, voici à quoi les play-offs ressembleraient :

Quarts de finales :

MHSC (3) / LOSC (1)   –   SRFC (2) / Reims (4)

Match de classement entre les deux perdants :

Vainqueur en barrages de l’EL, perdant éliminé

Demies finales :

OM / LOSC ou MHSC   –   PSG / SRFC ou Reims

Petite Finale :

Vainqueur en barrages de LDC, perdant en EL

Finale :

Les deux participants en LDC


En dépit de cette dernière solution plutôt alléchante, vous aurez sans doute compris que terminer la saison représente l’intérêt de l’immense majorité des clubs européens, d’un point de vu sportif comme financier.

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