La SignaturePasse en profondeur

Etude socio-religieuse du football

Introduction

La deuxième définition que le Larousse donne du terme « religion » parle d’un ensemble de rites et de pratiques spécifiques propres à un groupe social. La première relate un ensemble déterminé de croyances et de dogmes définissant le rapport de l’homme avec le sacré… Homme, groupe social, pratiques spécifiques, le sacré, les dogmes… Si je n’avais que la définition, saurais-je trouver le mot qui l’incarne ? A vrai dire, et vous l’avez deviné, je penserai en premier lieu à un autre terme. Tentative d’explications.



Comment définir le football ? Est-ce un jeu, un sport, un business ? Ces mots ne sonnent ni faux ni complètement adéquats. Ils ne définissent qu’une infime partie de ce phénomène, n’en désignent qu’un degré particulier de pratique. Essayons au hasard de lui appliquer une définition : Et si, le football représentait un ensemble de rites et de pratiques spécifiques propres à un groupe social ? Et si le football, dans son ensemble, son essence première et innocente, comme dans ses dérives et ses défauts, pouvait se définir de la même sorte qu’une religion ?

Certes, il existe une différence majeure qui au-delà de l’exercice (com)plaisant que nous réalisons nous interdit d’accréditer l’analogie : le football n’explique pas le monde, et ne prétends pas régir les destinées (au contraire). Point de cosmogonie et de portes du paradis, point de métaphysique de l’origine. Mais mis à part cette différence ontologique, bon nombres de similitudes nous laissent penser que le ballon rond a désormais accès à un statut particulier dans nos sociétés. Un statut dont paradoxalement, sont de plus en plus privées les grandes religions : celui de régir la vie des Hommes. Individuellement, et surtout collectivement.

A travers dix épisodes (comme le numéro que portait à Naples celui dont la main est devenue divine), nous essaierons d’étayer du mieux possible cette analogie osée qui entend porter des terrains de sables aux reluisants retables la destinée d’une balle ronde. Peut-être est-ce un fantasme, un mensonge grossièrement déguisé, une bêtise énorme. Mais le propre d’une religion n’est-elle pas de se penser immuable, inattaquable  ? Ne se suffit-elle pas ? Et ce malgré les incohérences qu’elle pourrait revêtir ? Il ne s’agit pour nous ni de faire du prosélytisme, ni de critiquer les déboires d’une nébuleuse insaisissable, mais de réfléchir sur un phénomène omniprésent dans nos sociétés. A tel point, qu’il ne doit plus être envisagé seulement comme un sport et business, mais comme un fait social total.

A suivre…

0