L'actu

Arrêt du football amateur : La situation vécue par l’US Mont-Blanc

La semaine dernière, la Fédération Française de Football a décidé de mettre un terme à la saison pour les clubs amateurs. L’US Mont-Blanc, club de régional 3 situé en Haute-Savoie, s’est livré pour Caviar sur cette situation inédite.


C’est désormais officiel, les joueurs amateurs licenciés à la FFF ne refouleront plus les pelouses cette saison. Si des doutes subsistent encore pour la Ligue 1, la Ligue 2, et le National, tous les autres championnats verront leur classement être gelé à partir du 13 mars.

Ce choix assumé du Comité exécutif de la FFF concerne plus de deux millions de licenciés, et divise parmi bon nombre de clubs. Noël Le Graët s’est expliqué sur cette décision : “Il nous semblait plus logique et juste d’arrêter les classements à la date où les championnats ont été arrêtés”, en affirmant qu’il s’agissait de “la meilleure solution.”

Noël Le Graët, président de la FFF, annonce l’arrêt définitif de la saison de football amateur.

La rédaction de Caviar a contacté l’US Mont-Blanc, club de régional 3 situé en Haute-Savoie, qui a accepté de se livrer sur cette situation exceptionnelle.

Pas de conséquences financières à court terme… Mais des risques sur la durée ?

Au pied du Mont-Blanc, les terrains de l’USMB sont habituellement remplis de bonne humeur, de joie et d’amour pour le ballon rond. Mais depuis le 13 mars dernier, les rires des plus jeunes ont laissé place à un silence désertique. Malheureusement, les supporters jaunes et bleus ne pourront pas entonner les chants de soutien en tribune avant mi-Aout prochain. Une période maussade et inhabituelle, pour ce club qui porte dans son ADN les valeurs de respect et de partage.

Le président du club, Jean-Luc Métral, s’est confié par téléphone sur la situation : “Les joueurs se sont entraînés normalement jusqu’au vendredi qui a précédé l’annonce du président, en respectant les gestes barrières. On a fait une première réunion avec le comité de direction, sans trop savoir à quoi s’attendre… A partir de l’annonce du confinement et de la suspension du championnat, on s’est douté que ça allait être compliqué… On a subi la situation, on était dans l’incertitude mais on a respecté les consignes de tout stopper.”

Comme beaucoup de clubs amateurs en France, l’USMB inculque les valeurs de respect et de partage dès le plus jeune âge.

Concernant la gestion administrative et financière du club, tout est à l’arrêt. Si la crise ne devrait pas directement influer la trésorerie, le président connaît les risques sur le long terme : “A court terme, la situation ne va rien changer sur les finances du club. On va peut être avoir du mal à rémunérer nos éducateurs pour le mois d’avril, mais on ne va pas avoir de déficit majeur. Le problème, c’est sur le long terme. On fixe une bonne partie de notre budget grâce aux sponsors, et pas sûr que les entreprises soient prêtes à nous rémunérer autant qu’avant la crise… Nos revenus pour la saison prochaine pourraient être incertains.”

Cette situation particulière est applicable à bon nombre de clubs amateurs en France. Les sponsors représentent pour eux une source importante de financement, et les entreprises pourraient être tenté de reconduire des contrats moins onéreux en raison de la crise qui les frappe.

” C’est un véritable manque “

L’entraîneur de l’équipe fanion, Marc Bervas, a témoigné sur l’aspect sportif. “Coach Marco” a vite communiqué la décision à ses joueurs, qu’il juge de bon sens : “Il était temps que la fédé accepte qu’on arrête tout. On ne pouvait pas repartir dans de bonnes conditions. Je pense qu’il aurait fallu même se positionner de manière très ferme bien avant. On a perdu 3 semaines… Et même s’il y a un temps pour la réflexion, il aurait fallu se baser sur d’autres sports qui s’étaient basés en amont…”

Maxime Lustro, milieu offensif du club, devra attendre la saison prochaine avant de pouvoir à nouveau martyriser ses adversaires.

Avec le gel du classement, l’objectif de maintien du club est atteint : “Notre objectif était le maintien car c’est ce à quoi notre club correspond. Au dernier match, on était classé huitièmes dans notre poule de douze”. Néanmoins, Marc garde un sentiment d’inachevé sur la saison :“Sportivement, on restait sur une spirale négative, mais on voulait continuer pour vivre des émotions… On est animé par le relationnel qu’on met sur le terrain, c’est ce qui nous importe. C’est un véritable manque. En plus, le printemps est une période super agréable pour jouer au foot. Mais bon, quand on regarde la situation à l’échelle nationale, on ne peut que relativiser”.


En attendant les prochaines décisions officielles, le sort du football professionnel pour la fin de saison est toujours en suspend. Une décision favorable à la poursuite des championnats représenterait un bien maigre lot de consolation pour ces amoureux du ballon rond, désireux de pouvoir bientôt revivre les émotions procurées par le football amateur.

TD.

0